Dans cet article
À retenir
- La prévention porte aussi sur les personnes connues, pas seulement sur les inconnus.
- Ne pas avoir dit non, fui ou parlé immédiatement ne rend jamais l’enfant responsable.
- Une révélation demande écoute, protection et recours aux services compétents.
Faire de l’intimité un repère concret
Les occasions ordinaires permettent de commencer : se changer, demander un câlin, fermer la porte des toilettes. Expliquez que chacun a droit au respect de son corps. L’enfant peut refuser un bisou et choisir une autre manière de saluer ; cela ne doit pas devenir une épreuve de politesse.
Vous pouvez dire : « Certaines parties de ton corps sont intimes. Personne ne peut te demander un geste sexuel, te montrer des images sexuelles ou te demander une photo intime. Tu peux m’en parler, même si cette personne te dit de garder le secret. » Utilisez des mots simples et corrects pour nommer le corps, en suivant ses questions.
Les soins et l’hygiène sont des situations différentes : l’adulte explique ce qu’il fait et pourquoi. Ils ne doivent pas être présentés comme un secret à cacher. L’enfant peut exprimer sa gêne et poser des questions.
Ne pas limiter la prévention aux inconnus
Un enfant doit pouvoir parler d’un comportement qui le met mal à l’aise, même s’il vient d’une personne qu’il connaît, apprécie ou voit souvent. Il n’a pas à décider si cette personne est « gentille » ou « méchante » pour demander de l’aide.
Évitez de lui faire porter une mission impossible : reconnaître tous les dangers et toujours réagir correctement. Dites clairement : « Si tu n’as pas réussi à partir, à parler ou à dire non, ce n’est pas ta faute. Les adultes doivent te protéger. »
Vous pouvez distinguer une surprise, que l’on prépare pour faire plaisir et qui sera bientôt dévoilée, d’un secret imposé qui fait peur ou pèse. Un cadeau, une menace ou une promesse ne doit pas empêcher de raconter ce qui s’est passé.
Prévoir plusieurs adultes vers qui se tourner
Avec l’enfant, identifiez quelques personnes qu’il pourrait solliciter à la maison, à l’école ou pendant une activité. Évitez de réduire cette liste à une seule personne. Demandez : « Si je ne suis pas disponible, à qui pourrais-tu aller parler ? »
Ajoutez qu’il peut recommencer auprès d’un autre adulte si le premier n’écoute pas. Ce n’est pas à lui de convaincre toute sa famille ; c’est un chemin possible pour trouver une personne qui agira.
Une histoire peut aider à ouvrir la conversation, mais ne faites pas de la lecture un test destiné à obtenir une révélation. Laissez des occasions de revenir vers vous, aujourd’hui ou plus tard.
Si votre enfant vous raconte une violence
Écoutez-le dans un endroit calme, avec ses propres mots. Évitez de suggérer des réponses ou de lui faire répéter son récit. Dites-lui que vous le croyez, qu’il a bien fait de parler et qu’il n’est pas responsable. Ces repères figurent dans les conseils gouvernementaux pour accueillir la parole d’un enfant.
Ne promettez pas de garder le secret : expliquez que vous allez demander de l’aide pour le protéger. Évitez de confronter vous-même la personne mise en cause ou de mener une enquête familiale. Mettez l’enfant à l’abri d’un nouveau contact dangereux et sollicitez les services compétents. Un accompagnement médical et psychologique pourra être organisé selon la situation.
Les recours en France et en Suisse
En France, le 119 — Enfance en danger répond gratuitement, jour et nuit, aux enfants comme aux adultes préoccupés. En cas de danger immédiat, contactez la police au 17 ; pour une urgence médicale, le 15, conformément aux recours présentés par Service Public.
En Suisse, le 142 — Aide aux victimes conseille les victimes de violences et leurs proches. Il ne remplace pas les urgences : 117 pour la police, 144 pour une urgence médicale. Les enfants et les jeunes peuvent aussi parler au 147.
Lili a été suivie et Lili se fait piéger sur Internet offrent des points de départ pour discuter des situations inquiétantes. Gardez le même message au-delà du livre : l’enfant peut parler, et la responsabilité de sa protection appartient aux adultes.
Des livres pour prolonger
Sources et références
- Gouvernement français — Campagne de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants, accueillir la parole
- 119 — Service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger
- Service Public — Enfant victime de maltraitance
- Aide aux victimes en Suisse — Soutien et conseils
- Pro Juventute — Questions fréquentes sur le 147



