Dans cet article
À retenir
- Distinguez ce qui concerne l’enfant de l’intimité des adultes.
- Dites une vérité compréhensible sans dévoiler tous les détails.
- Un secret qui couvre des violences demande de l’aide et de la protection.
Commencer par trois questions concrètes
Avant de parler, demandez-vous ce que l’enfant a déjà remarqué, ce que la situation change pour lui et ce qu’il cherche à comprendre. Un parent qui perd son emploi n’a pas besoin de lui détailler les comptes du ménage. En revanche, l’enfant peut avoir besoin de comprendre pourquoi ce parent reste à la maison ou pourquoi une dépense est reportée.
Vous pourriez dire : « Je n’ai plus ce travail et j’en cherche un autre. Nous allons faire attention à certaines dépenses. Ce sont les adultes qui s’occupent de cela. » L’information donne un repère sans confier le problème à l’enfant.
La question qu’il pose n’est pas toujours celle que vous redoutez. « Pourquoi papa va à l’hôpital ? » peut surtout vouloir dire : « Qui viendra me chercher ce soir ? » Laissez une place à cette préoccupation.
Dire vrai ne signifie pas tout raconter
Une explication peut être honnête et limitée : « Il y a des choses qui appartiennent à la vie privée des adultes. Je peux te dire ce que cela change pour toi. » Vous pouvez aussi reconnaître que vous ne connaissez pas encore une réponse.
En cas de maladie, évitez d’inventer un voyage ou de promettre une guérison certaine. Pour les parents atteints d’un cancer, les Hôpitaux universitaires de Genève recommandent une parole adaptée à l’enfant, sans mensonge ni fausse assurance. L’équipe soignante peut aider à préparer les mots et les informations à transmettre.
N’appliquez pas une seule formule à toutes les histoires. Parler d’une adoption, d’une incarcération ou d’une maladie ne soulève pas les mêmes questions. Respectez les faits connus, la vie privée des personnes concernées et la place de l’enfant. Vous pouvez préparer l’échange avec un professionnel qui connaît la situation, sans attendre qu’un repas de famille l’expose brusquement.
Choisir un moment qui laisse une suite possible
Cherchez un temps assez calme pour accueillir une réaction. Il n’est pas nécessaire de faire une annonce solennelle devant toute la famille. Quelques phrases peuvent ouvrir un premier échange, puis un autre plus tard.
Quand plusieurs adultes sont concernés, accordez-vous si possible sur les informations exactes et sur l’organisation pratique. Cela ne signifie pas préparer une version destinée à tromper l’enfant. Si les adultes sont en désaccord, évitez de lui demander de décider qui dit vrai ou de transmettre des reproches.
Après votre explication, demandez : « Qu’est-ce que tu as compris ? Qu’aimerais-tu savoir ? » Il peut ne rien demander tout de suite ou revenir sur une question déjà posée. Vous pouvez répondre à nouveau, sans considérer la première conversation comme définitive.
Ne pas transformer l’enfant en gardien du secret
« Ne le dis surtout à personne, sinon tu feras du mal à la famille » lui impose une responsabilité qui ne lui appartient pas. Préférez une explication sur la discrétion : certaines informations sont personnelles, mais il peut parler de ce qui l’inquiète à un adulte de confiance.
Évitez aussi d’en faire votre confident sur les conflits de couple, les dettes ou les détails intimes d’un proche. Si vous avez besoin de vider votre sac, cherchez un interlocuteur adulte. Votre enfant peut partager un moment de tristesse avec vous sans devenir celui qui doit vous consoler ou vous conseiller.
Si vous lui avez donné une explication inexacte auparavant, vous pouvez la corriger : « Je t’avais dit cela parce que je ne savais pas comment en parler. Ce n’était pas exact. Voici ce que je peux t’expliquer maintenant. »
Un secret qui protège des violences doit être rompu
La discrétion familiale ne doit pas empêcher un enfant de parler de menaces, de violences ou de gestes qui l’inquiètent. S’il vous confie une situation de danger, écoutez-le et cherchez une protection ; ne lui demandez pas de préserver la réputation d’un proche.
En France, le 119 peut conseiller les enfants et les adultes préoccupés par un enfant en danger, gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7. En Suisse, le 142, aide aux victimes, accompagne les victimes de violences et leurs proches. Ces services orientent ; un danger immédiat relève des secours.
Le père de Max et Lili est au chômage, Le tonton de Max et Lili est en prison et Nina a été adoptée offrent trois situations différentes pour commencer une lecture partagée. Demandez ce que le personnage aurait besoin de comprendre. Le livre peut ouvrir la discussion ; il ne décide pas à votre place des mots appropriés à votre histoire.



