Dans cet article
À retenir
- Expliquez les changements concrets sans réduire la personne à son diagnostic.
- L’enfant peut poser des questions sans devenir le confident ou le soignant du proche.
- Préparez les relais du quotidien et les personnes à contacter.
Partir de ce que l’enfant a remarqué
Un parent dort beaucoup, un oncle ne vient plus aux repas, une sœur est hospitalisée : l’enfant voit parfois ces changements avant qu’on lui en parle. Vous pouvez commencer par une observation : « Tu as remarqué que maman a du mal à faire certaines choses en ce moment. Elle a un problème de santé pour lequel elle reçoit de l’aide. »
Si un diagnostic a été posé et que sa transmission est appropriée, utilisez son nom avec une explication préparée avec l’équipe soignante. Si vous ne savez pas encore, dites-le. Évitez les images inquiétantes ou trompeuses d’un cerveau « cassé » ou d’une personne qui ne serait plus elle-même.
Demandez ce que l’enfant a compris. Sa préoccupation peut être très concrète : qui viendra le chercher, s’il pourra voir le proche, ou ce qu’il peut raconter à un ami.
Choisir des mots qui ne collent pas une étiquette
Parlez d’une personne qui vit avec une maladie, plutôt que d’un « fou », d’un « schizo » ou d’un « bipolaire » pour commenter son caractère. Un nom de trouble ne permet pas de résumer toute une personne ni d’expliquer chacun de ses comportements.
Certaines idées reçues méritent d’être corrigées. La schizophrénie, par exemple, ne signifie pas avoir plusieurs personnalités : Psycom distingue explicitement ces notions. Vous n’avez pas besoin de donner à l’enfant un dictionnaire de diagnostics ; répondez aux mots qu’il rencontre réellement.
Vous pouvez aussi rappeler les aspects du proche qui restent importants dans leur relation : son goût des histoires, un jeu partagé ou un souvenir agréable. La maladie prend une place dans la vie familiale ; elle n’efface pas toute l’histoire de la personne.
Dire clairement ce qui n’appartient pas à l’enfant
« Ce n’est pas parce que tu as fait une bêtise » et « Ce n’est pas à toi de trouver comment le soigner » sont des repères utiles. L’enfant peut aimer un proche, lui écrire un mot ou passer un moment avec lui, sans être responsable de son état.
Évitez de lui confier la surveillance du traitement, le soin de calmer les crises ou la mission de vous soutenir moralement. Si un comportement l’effraie, il doit savoir à quel adulte s’adresser. Respecter la personne malade ne signifie pas demander à l’enfant de supporter une situation dangereuse.
S’il exprime du soulagement pendant une hospitalisation ou préfère ne pas rendre visite tout de suite, accueillez ce qu’il dit. Il n’a pas à prouver son affection par une réaction particulière.
Préparer un quotidien qui reste compréhensible
Écrivez quelques informations accessibles : qui prépare les repas, qui accompagne à l’école, quand une nouvelle sera donnée et à qui poser une question. Ne promettez pas une date de retour ou une guérison que vous ne connaissez pas.
Le guide « Mon GPS Parents » de Psycom aide les parents concernés à préparer leurs soutiens et ce qu’ils souhaitent expliquer à leurs enfants, notamment en cas d’hospitalisation. Il peut servir de support entre adultes, sans faire porter cette organisation à l’enfant.
Préservez, lorsque c’est possible, ses activités et ses relations. Informer un adulte de confiance à l’école peut aussi permettre un soutien, en partageant seulement les éléments utiles.
Savoir qui peut aider à trouver les mots
Vous pouvez demander à l’équipe qui accompagne le proche comment parler de sa maladie et si un échange familial est possible. Votre enfant peut également avoir besoin d’un espace pour ses propres questions.
Les professions ne sont pas interchangeables : le psychiatre est médecin, le psychologue est formé à l’évaluation et à l’accompagnement psychologiques. Psycom présente leurs rôles. Demander de l’aide ne revient pas à déclarer que toute la famille est malade.
Max et Lili trouvent leur cousin angoissé peut ouvrir une discussion sur l’inquiétude pour un proche. Lili va chez la psy permet de parler de la possibilité d’être accompagné. Demandez ce que le personnage voudrait comprendre, sans utiliser le livre pour poser un diagnostic sur quelqu’un de la famille.



