Dans cet article
À retenir
- Privilégier un partage limité avec des proches plutôt qu’une publication publique.
- Associer l’enfant au choix selon son âge et sa maturité, et échanger avec l’autre parent.
- Retrouver les anciennes images et savoir à qui demander leur retrait.
Faire une pause entre garder un souvenir et le diffuser
Photographier un moment pour un album familial ne conduit pas nécessairement à le publier. Vous pouvez conserver une image sans lui chercher une audience. Cette petite distinction aide à choisir ce que vous souhaitez vraiment faire : garder une trace, donner des nouvelles à un proche ou partager une activité plus largement.
La CNIL déconseille fortement la publication de photos ou de vidéos d’enfants sur les réseaux sociaux, particulièrement sur un profil public. Elle recommande de privilégier les échanges privés avec les proches et de leur demander de ne pas rediffuser les images. Un cercle limité réduit l’exposition ; il ne garantit pas qu’aucune copie ne circulera.
Avant d’envoyer, posez-vous une question simple : « À qui ai-je envie de montrer ce moment ? » Si la réponse est « à sa grand-mère », une publication visible par tous vos abonnés n’est pas nécessaire.
Donner à l’enfant une place réelle dans la décision
En France, l’article 372-1 du Code civil, issu de la loi du 19 février 2024, prévoit que les parents protègent ensemble le droit à l’image de leur enfant et l’associent aux décisions selon son âge et sa maturité. La CNIL recommande également d’obtenir l’accord de l’enfant et de l’autre parent avant une publication.
Pour un enfant qui peut en discuter, montrez la photo et expliquez qui la verra. Une question précise est plus utile qu’un « Je peux ? » lancé au moment d’envoyer. Vous pouvez proposer : « J’aimerais montrer ton dessin à ton oncle. Veux-tu apparaître sur la photo ou préfères-tu que je photographie seulement le dessin ? »
Accueillez un refus sans demander à l’enfant de consoler l’adulte déçu. Il peut aussi ne pas savoir quoi répondre. Dans ce cas, rien ne vous oblige à publier. Pour un bébé, l’absence de protestation ne constitue évidemment pas un choix éclairé.
Choisir une règle familiale facile à retenir
Vous pouvez décider ensemble de quelques repères concrets : les images du bain restent privées ; on ne partage pas une scène où quelqu’un est humilié ; on demande avant d’envoyer une photo de groupe. Ce sont des propositions de discussion, à adapter au sein de la famille.
Pensez à la scène entière, pas seulement au visage. Un décor, une légende ou un uniforme peuvent révéler des informations que vous ne souhaitiez pas diffuser. La CNIL attire aussi l’attention sur les informations de localisation parfois contenues dans les fichiers.
Une alternative peut conserver le plaisir de raconter : photographier une construction seule, décrire une sortie avec des mots ou garder le portrait pour un album imprimé. Il n’est pas nécessaire de montrer l’enfant pour donner des nouvelles de chaque activité.
Mettre les proches dans la conversation
Les habitudes ne sont pas toujours les mêmes chez les grands-parents, les amis ou les parents d’un camarade. Une phrase préparée peut aider : « Nous préférons que les photos où il apparaît restent dans ce groupe et ne soient pas republiées. »
Si une image a déjà été partagée, cherchez d’abord à préciser où et avec qui. Vous pouvez demander son retrait sans transformer immédiatement l’échange familial en accusation. L’objectif est que la consigne soit comprise et que la diffusion cesse.
Revenir sur les images déjà en ligne
Choisissez un petit ensemble de publications à regarder, plutôt que remettre tout le tri à plus tard. Supprimez celles que vous ne souhaitez plus conserver en ligne. Avec un enfant assez grand, ce moment peut devenir une discussion sur ce qu’il veut montrer de lui aujourd’hui.
Pour une image publiée par un tiers, la CNIL explique comment demander un retrait. Notez l’adresse exacte de la page et contactez l’auteur de la diffusion ou le responsable du site, en précisant l’image concernée et le motif de la demande. La démarche et son résultat dépendent du contexte ; la fiche officielle aide à identifier les droits et les suites possibles.
Le respect de la vie privée se construit aussi dans ces petits gestes répétés : expliquer, demander, écouter et accepter de revoir une décision.

