Commencer par un usage précis

« Je veux aller sur Internet » ne dit pas encore ce que l’enfant souhaite faire. Demandez-lui de vous montrer : cherche-t-il une photo pour l’école, un jeu proposé par un ami ou une vidéo de bricolage ? Vous pourrez décider ensemble où aller, combien de temps prévoir et à quel moment vous arrêter.

Pour une première recherche, installez-vous à côté de lui. Choisissez une question simple, comme « De quoi se nourrissent les hérissons ? ». Regardez les résultats, les publicités et le nom des sites. Cette petite exploration vous permet d’expliquer ce qu’il rencontre au moment où cela devient utile.

Préparer l’appareil, puis expliquer les règles

Avant de confier un appareil, vérifiez les accès aux achats, les possibilités de discussion avec des inconnus et les paramètres de confidentialité. La CNIL propose des repères pour accompagner la navigation des enfants, notamment un compte utilisateur limité et des réglages examinés ensemble.

Un contrôle parental constitue une aide ; il ne dispense pas de regarder les applications avec l’enfant. Expliquez ce que vous avez réglé et pourquoi. Évitez d’en faire une surveillance secrète : vous cherchez à construire des habitudes qu’il pourra ensuite comprendre et reprendre.

Une règle concrète est plus facile à suivre qu’un avertissement général. Par exemple : « Tu me demandes avant d’installer une application », « On convient du moment où le jeu s’arrête » ou « On ne communique pas l’adresse de la maison dans une discussion ». Préservez aussi des moments sans écran, auxquels les adultes participent.

Faire de la vie privée une question quotidienne

Dans un jeu, un inconnu peut sembler sympathique sans que l’on sache qui il est. L’enfant n’a pas à donner son école, sa localisation, une photo personnelle ou un mot de passe pour être accepté dans un groupe. Dites-lui qu’il peut refuser une demande, quitter une conversation et venir vous chercher.

Appliquez ce respect à ses propres images : avant d’envoyer une photo où il apparaît, demandez-lui son avis. Pour les photos d’amis, prenez aussi le temps de vérifier l’accord des personnes concernées. Une image partagée peut être recopiée ; mieux vaut choisir son destinataire et ce que l’on souhaite montrer.

Vous pouvez faire un petit jeu à deux : parmi une couleur préférée, un nom d’école, un dessin et un code d’accès, qu’accepterait-il de partager, avec qui et pour quelle raison ? La discussion compte davantage qu’une réponse récitée.

Apprendre à ne pas croire le premier résultat

Une vidéo très regardée, un premier résultat de recherche ou une réponse d’assistant IA peuvent contenir une erreur. Prenez l’habitude de demander : « Qui nous le dit ? D’où vient cette information ? Peut-on la retrouver ailleurs ? »

Pour l’exposé, cherchez la réponse dans un site de musée, une institution scientifique ou un livre adapté. Pour une image spectaculaire, cherchez sa légende et son contexte. L’objectif n’est pas d’installer la méfiance envers tout, mais d’apprendre à suspendre un partage quand on ne sait pas encore.

Prévoir ce qui se passe en cas de problème

Convenez d’une phrase simple : « Si une image, une demande ou un message te met mal à l’aise, tu arrêtes et tu viens m’en parler. » Si cela arrive, commencez par le remercier. Vous réglerez ensuite la question d’une règle éventuellement dépassée.

Écoutez ce qu’il a compris sans lui demander de revoir une image choquante. Vous pourrez examiner le compte, bloquer un contact ou utiliser le signalement de la plateforme. En cas de menaces ou de harcèlement, cherchez un accompagnement adapté ; l’enfant n’a pas à résoudre seul la situation.

Ouvrir la conversation avec Max et Lili

Lili se fait piéger sur Internet permet de discuter des demandes auxquelles on ne sait pas répondre. Les parents de Max et Lili sont accros au portable invite toute la famille à s’interroger sur ses habitudes. Après la lecture, choisissez une seule règle à essayer ensemble cette semaine.