Donner un sens concret à l’empathie

Un camarade reste à l’écart d’un jeu. Est-il triste, fatigué, intéressé par autre chose ? Un même comportement peut recevoir plusieurs interprétations. L’empathie invite à prendre au sérieux son point de vue et à lui laisser la possibilité de l’exprimer.

Les ressources d’Éduscol sur les compétences psychosociales situent l’empathie parmi un ensemble de compétences émotionnelles, sociales et cognitives. Les séances proposées à l’école s’inscrivent dans ce travail régulier. Une activité peut ouvrir un apprentissage ; les occasions de le reprendre au quotidien lui donnent de la continuité.

Lire une situation avec les yeux de plusieurs personnages

Les récits de Max et Lili, de Dominique de Saint Mars et Serge Bloch, offrent des désaccords et des émotions à observer. Dans « Max se fait insulter à la récré », par exemple, la lecture peut faire réfléchir à ce que vit le personnage et aux réponses possibles autour de lui.

Avant toute interprétation, demandez : « Que dit le personnage ? Que fait-il ? Quel détail du dessin avez-vous remarqué ? » Puis ouvrez les hypothèses : « Il pourrait ressentir… parce que… » Plusieurs réponses peuvent être discutées si les élèves expliquent sur quoi ils s’appuient.

Ne transformez pas l’exercice en devinette où une expression du visage correspondrait forcément à une émotion. Vous pouvez conclure : « Nous avons des indices, mais pour savoir ce qu’une personne ressent, nous pouvons aussi lui demander. »

Une activité d’écoute sans confidence imposée

Préparez de courtes cartes fictives : un personnage n’a pas compris la règle d’un jeu ; un autre voudrait proposer une idée ; un troisième est déçu de ne pas avoir le rôle qu’il espérait. Les élèves travaillent par deux et choisissent une carte.

Le premier formule une phrase au nom du personnage. Le second commence par reformuler : « Si j’ai bien compris, tu… » Il peut ensuite demander : « Veux-tu que je t’aide à chercher une solution ? » Le premier confirme, précise ou refuse l’aide proposée.

Lors de la mise en commun, faites observer ce qui change quand on écoute avant de conseiller. Un élève peut participer en lisant, en écrivant une réponse ou en observant le dialogue. Écouter ne suppose pas d’imposer un contact physique ou un regard soutenu.

Jouer une petite scène, puis prendre du recul

Les mini-pièces Max et Lili prolongent le travail des histoires par la parole et le geste. Pour préparer une séance, choisissez une scène courte et compréhensible, puis explicitez le droit de ne pas jouer. Les observateurs ont eux aussi une tâche : repérer une demande, une réponse ou un changement d’attitude.

Vous pouvez proposer une situation inventée où deux personnages veulent utiliser le même matériel. Après une première lecture, cherchez plusieurs façons de demander, de refuser ou de proposer un tour de rôle. Comparez les effets des formulations sans demander aux élèves de reproduire un conflit réel de la classe.

L’échange après la scène compte autant que le jeu : « Quelle phrase a permis d’avancer ? Qu’aurait-on pu demander ? Quelle limite fallait-il respecter ? » Un dessin d’émotion ou une bulle de pensée peuvent aider ceux qui peinent à formuler leur réponse.

Relier l’empathie à des gestes et à des limites

Comprendre la colère d’un personnage permet d’en parler ; cela laisse entière la règle qui interdit de frapper. De même, un enfant peut être attentionné sans accepter un geste qui le gêne, sans devenir l’ami de chacun et sans prendre en charge toutes les difficultés du groupe.

Choisissez avec les élèves quelques gestes à essayer : laisser terminer une phrase, demander avant d’aider, accueillir une autre idée ou aller chercher un adulte lorsqu’un camarade souffre. Revenez ensuite sur des exemples fictifs pour voir ce qu’ils savent proposer.

« Max et Lili découvrent l’empathie » peut prolonger cette réflexion. En cas de violences ou de harcèlement, le travail d’empathie s’accompagne d’une intervention protectrice des adultes : la responsabilité de faire cesser les faits ne repose jamais sur l’enfant visé.